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Le bi-média façon Guardian 15, mars, 2007

Posted by Mouna El Mokhtari in Angleterre, presse écrite, web.
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The GuardianLe quotidien anglais s’engage résolument dans le web. Mardi 6 mars, Alan Rusbridger, rédacteur en chef du journal, a ainsi annoncé à sa rédaction que dorénavant “tous les journalistes devaient travailler pour la plate-forme web” et “considérer ce travail comme prépondérant”. C’est Jeff Jarvis, grand ponte de la presse et chroniqueur du journal qui rapporte la teneur de la réunion qui s’est déroulée au Guardian et pendant laquelle Rusbridger a dévoilé le projet de la direction. “Il a aussi déclaré que le journal devait servir le public 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Pour atteindre cet objectif, l’organisation du journal a besoin de flexibilité. Cela veut dire que les métiers vont changer” analyse Jarvis.

“Cela pourra comprendre des réductions et des restructurations d’effectifs” écrit Chris Tryhorn, dans les colonnes du Guardian. Guardian News & Media se donne 18 mois pour mettre au point la révolution numérique, en soulignant que “plus de 100 nouveaux emplois , directement liés au web, devraient cependant être créés”. Chris Tryhorn reprend : “nous devons réduire nos coûts et investir plus dans notre journal, plus dans les nouvelles technologies et augmenter nos revenus afin d’assurer notre succès sur le long terme”. Un déménagement prévu pour octobre 2008 parachèvera cette révolution puisque le Guardian va quitter ses locaux de Farringdon Road dans le centre de Londres pour le nord de la ville et un immeuble flambant neuf sur King’s Place, tout près du métro King’s Cross.

guardian20070315.jpgLa décision du Guardian de devenir le premier journal donnant la primauté à un web fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 n’a pas laissé indifférent un autre blogueur, Simon Dickson, consultant en média (un métier qui a le vent en poupe en ce moment). Deux points du plan de Rubsbridger ont attiré son attention : d’abord, la nouvelle organisation de la rédaction. Rusbridger annonce qu’à partir du moment où un article a été écrit, édité et validé par la rédaction, il peut être de suite mis en ligne. A l’exception des papiers qu’un des chefs d’édition souhaitera retenir pour l’édition papier. “Tandis que le nouveau plan de Rusbridger consacre le web, c’est aussi un avertissement”, écrit Simon Dickson. “La production web dépend toujours des rédacteurs et des chefs d’édition et je crains que les meilleurs papiers ne continuent à être retenus pour le quotidien à moins qu’il s’agisse d’un scoop”, pour lequel aucune rédaction ne se permet d’attendre le bouclage du papier.

Ensuite, le rédacteur en chef du Guardian a promis de continuer à utiliser les fils info pour l’actualité chaude, tout en faisant le nécessaire pour mobiliser l’ensemble des ressources éditoriales (les journalistes) pour donner à l’information développée sur le site une valeur ajoutée “Guardian” (contextualisation, analyses, commentaires) aussi tôt que possible. “Autrement dit”, explique Simon Dickson, “leur principale caractéristique, ce sera cette ‘valeur ajoutée’ plus que l’information en elle-même. En un sens, c’est une décision pragmatique, sachant que d’autres médias seront toujours capable de fournir l’information brute, et ceci, mieux qu’un média de l’écrit. Leur ligne éditoriale est donc claire dorénavant : venez nous voir si vous voulez une vision, un style et un ton particuliers”.

“Lors de la réunion du personnel du Guardian, c’est l’usage du mot ‘prédominant’ pour le web qui m’a frappé”, relate Jeff Jarvis. “Rusbridger a souligné qu’il croyait toujours au papier mais il a aussi présenté un Powerpoint listant les neufs autres canaux de diffusion dont le journal dispose aujourd’hui. Le papier est juste l’un d’entre eux. Il a tout de même conclu : ‘on n’a jamais connu de meilleur moment pour exercer la profession de journaliste’”.

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